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La newsletter officielle de Kawasaki

11 Mars 2013 A la découverte de l'Amérique Latine (sem. 10)

Cette semaine, découvrons le passage éclair de Maxime Barat et de sa Versys en Argentine.
Maxime Barat : La Bolivie, ça a été une superbe aventure ! J’espère que l’Argentine sera à la hauteur. A la frontière, je fais la connaissance de Julio. Il y a au moins 2 heures de queue alors nous avons le temps de discuter. Il est bolivien, travaille à Buenos Aires et, ce soir, il compte faire une halte dans sa famille à La Quiaca. De fil en aiguille nous sympathisons et il m’invite chez lui où je suis reçu comme un roi. Il me raconte ses aventures en tant que clandestin aux Etats Unis, comment il a passé la frontière mexicaine et échappé aux autorités. C’est vraiment un récit étonnant.

Le lendemain, j’ai repris la route vers Pumamarca. C’est vraiment joli mais je me sens bien mieux dans les coins perdus. Je suis ensuite allé à San Antonio via la mythique route 40 qui descend jusqu’à Ushuaia. Au bout de 60 kilomètres, je passe le village puis croise rapidement 2 personnes sur une petite moto chargée à mort qui me font signe. Ce sont deux français qui ont acheté une moto à Santiago et remontent tambour battant vers la Colombie. Nous sympathisons tout de suite et nous décidons de camper au village. Nous veillerons tard ce soir là à Santiago. Forcément, nous avions pas mal de choses à se dire. Le lendemain, il est près de 14 heures lorsque je les conduis à la station service. Pas de chance, pénurie d’essence. Ils sont quasiment à sec, le camion n’arrive pas avant plusieurs heures et la prochaine station est à 150 kilomètres. Heureusement, j’ai fait le plein la veille. Nous nous partageons mon réservoir et chacun reprend la route de son côté. Avec un peu de chance, on se recroisera plus au Nord.

De mon côté je prends la magnifique route de l’Abra de l’Acay avec un col à 4900 mètres. La piste monte rapidement avant de redescendre vers Cachi. Passé le col, la piste devient un peu plus périlleuse avec un bon ravin mais rien de bien compliqué comparé à la Bolivie. Vers 17 heures, je tombe sur une bergerie. Là, je demande s’ils vendent du fromage et me voilà reparti avec 1 kilo et demi de fromage de chèvre. De quoi tenir environ 10 jours. En attendant, je n’ai pas mangé depuis midi et cette pause fromagère tombe bien. J’arrive donc en fin d’après-midi à Cachi, charmante petite ville où je rencontre un groupe d’enduriste de Buenos Aires. Deuxième soirée avec des motards ! J’arrive à en motiver deux pour aller à Salta en passant par Cafayate. Là encore c’est du bon « ripio » et ça roule fort. Dans le sinueux, je bataille pour garder le rythme. Il faut dire que je roule chargé. En revanche, à chaque ligne droite, je prends le large. Mais attention quand même au trafic et aux bacs à sable. Ca surprend! Je m’amuse comme un enfant avec ma Versys . Moto de voyage et d’enduro, à mon retour je n’ai plus qu’à l’essayer sur circuit et je lui aurai tout fait faire. Mais promis je changerai les pneus !

A Salta, j’ai rencontré Chloé et Gauthier qui vivent ici depuis près d’un an. Nous sommes entrés en contact par mail après mon premier voyage et ils m’ont proposé de passer les voir. A 22 heures, je sonne. Salut c’est Max ! Je viens d’arriver à Salta. Vous m’aviez dit de passer vous voir. Alors me voilà ! Je pensais rester une nuit, je suis finalement resté trois jours. J’ai rencontré Romuald et son ami passionnés de moto qui me suivent aussi sur le blog. A votre avis, de quoi avons-nous parlé toute la soirée ?

Voici un petit aperçu de la discussion : « Lui : Au fait Max tu connais Royal Enfield ? Moi : Heu les motos sur lesquelles ils roulent en Inde ? Ouais je vois à quoi ça ressemble. Lui : Tu veux essayer ? Moi : Bien sûr ! »

Bref, nous sommes partis deux jours tous les trois Chloé, Gauthier et moi en Royal Enfield tout d’abord en direction de Cachi. Puis nous sommes revenus sur la piste de l’Abra del Acay racheter du fromage dans la fameuse bergerie. A l’origine, nous avions prévu de dormir à San Antonio mais nous avons pas mal trainé en route et il se faisait tard. Et puis nous mourrions tous d’envie de dormir là, dans cette bergerie, après avoir acheté 4 kilos de fromage. J’adore ces moments imprévus, loin de tout. Nous sommes complètement déconnectés et on en revient à l’essentiel.

Le lendemain nous reprenons notre ascension où j’étais passé quelques jours auparavant avec la Versys dans l’autre sens. Nous passons les gués et les quelques ornières. La sortie de route est interdite ici car on est à flanc de montagne. Nous roulons donc tranquillement car l’intérêt est de se faire plaisir et de profiter du paysage. Après un col à près de 4900 mètres nous redescendons vers San Antonio puis vers Salta dans un décor de Western à base de cactus et de roches multicolores sur une route viroleuse à souhait. C’était une sacrée virée de près de 400 kilomètres sur les routes et pistes de la région de Salta qui est vraiment splendide. Mais pour moi c’est déjà la fin de mon voyage en Argentine !

Pour aller au Chili il y a deux routes : celle qui passe par le paso de Jama, joli mais tout goudronné et bien fréquenté ou alors celle qui passe par le paso sico tout en ripios. A votre avis, laquelle ai-je prise ?!

Je suis donc repassé pour la troisième fois à San Antonio et j’ai planté ma tente à l’abri derrière une maison abandonnée à 50 kilomètres de la frontière.

Dernière journée avant San Pedro de Atacama. Je passe la douane sans problème avec mon fromage clandestin. On m’a dit que c’était totalement interdit mais mon estomac a ses raisons que la raison ignore. Les paysages sont les mêmes que dans le Sud de la Bolivie. Toutes ces lagunes et ces salars sont splendides. Aujourd’hui, je n’ai que 200 kilomètres à faire alors je prends mon temps. Je savoure ces derniers instants avant d’arriver à la ville. Je me répète mais traverser ces paysages volcaniques c’est tout simplement fabuleux. Alors plutôt qu’un long discours, une bonne photo fait souvent mieux l’affaire.

A l’heure où vous lirez ces quelques lignes j’aurai déjà repris la route pour Lima. Après un passage éclair au Chili, direction le Pérou ! »